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Articles

Affichage des articles du novembre, 2015

« Je me dis combien de pages peut-on écrire la nuit »

Je me dis combien de pages peut-on écrire la nuit en une nuit je me demande combien de pages exactement si l’on ne s’arrête pas je pense au rabbin je pense au rabbin qui a fait un beau discours il t’a rendu un bel hommage il ne te connaît pas il ne te connaissait pas il t’a fait un beau oui c’était beau comme il parlait de ton âme il parlait le rabbin à ton enterrement je me demandais est-ce qu’il a eu son fric je me demandais tu vois mon oncle il parlait bien pourtant et je me demandais est-ce qu’il a eu son fric ce rabbin qui parle bien de mon oncle qu’il ne connaissait pas ou est-ce qu’il l’aura après l’enterrement c’est à cela que je pensais tonton est-ce que le rabbin a eu ou aura son fric après c’est à cela que je pensais ton âme mon cul un beau discours il t’a fait je me disais
Une Nuit pour mon oncleBenjamin Taïeb,p. 21


« Ce soir-là, il manque à nouveau quelqu’un à l’appel. »

Ce soir-là, il manque à nouveau quelqu’un à l’appel. Le vieillard qui lape sa soupe en silence au bout de la table, qui bourre sa pipe et va la fumer, tel un vieux sage indien au coin de la cheminée, qui ne parle qu’à la mère (et au père quand il était là, d’un ton parfois bourru), qui ne tient guère plus de place qu’un chat, sans chercher à se faire caresser, qui ne peut même pas être considéré comme un appui pour la mère (maintenant que le père n’est plus là), qu’on pourrait effacer d’un coup de gomme sans dommage pour la maisonnée, a eu l’idée de le faire lui-même, sans rien demander à personne, ce que seuls les grands sages indiens et les vieux chats sont capables de faire. Si bien qu’après avoir commencé par perdre sa fille, puis deux ans après son mari, la mère vient de voir disparaître celui que tous se seraient attendus à voir partir le premier, deux ans après à nouveau, comme s’il y avait chez celle qui se retrouve sans aînée, sans mari, et aujourd’hui sans père, une mécaniqu…

Bures du son

Pour cette sixième et dernière édition de Nouvelles en musique (samedi 28 novembre, l'association Parlons nouvelles en vallée de Chevreuse nous gâte, une fois de plus. 
Programme :Le Salon des éditeurs se tiendra toute la journée dans le hall d'accueil du Centre Culturel Marcel Pagnol. Les différentes animations auront lieu dans la salle de théâtre du Centre culturel.L'entrée est libre et gratuite (pléonasme qui a l'avantage d'être clair), ainsi que les animations dans le théâtre.Ouverture des portes à 10 h.
Les éditeurs 2015 :L'Atelier du Gué et la revue BrèvesLa revue HarfangLes éditions Janus, nouvelles et poésie.Les éditions LunatiqueMoebiusLa revue Rue Saint-AmbroiseLa Chambre d'échosLes éditions RhubarbeLes éditions du JasminPour tout savoir sur ce salon dédié à la nouvelle, rendez-vous ici.

Et les los de triomphe à l'entour des pavois !*

(*) : Les Cantilènes, Jean Moréas
Chaque année, au mois de novembre, la ville de Loos organise un Salon du livre particulièrement attendu par les amoureux de la lecture.Ce rendez-vous incontournable de la saison culturelle vous attend en présence de plus de 150 éditeurs et écrivains, dont Thierry Moral, fidèle à sa commune. Séances de dédicaces, rencontres, débats, forum, ateliers... Un vrai moment de convivialité, et l’occasion surtout de s’offrir quelques heures de liberté sur les traces de Fred Loram, ou de vivre une expérience unique dans le Phare intérieur.

Le samedi 28 novembre 2015, de 10 h à 18 h 30, salle Gaston Caby.
Site de l'événement

« et BOUM le train ta tête si gentille presque détachée »

et BOUM le train ta tête si gentille presque détachée j’imagine presque détachée du corps j’imagine pensées morbides la nuit on ne triche pas oui écrire cette nuit pas demain cette nuit ai tout mon temps toute la nuit devant moi qu’est-ce que c’est une nuit tiens le voilà le titre tiens tu vois tonton j’ai le titre Une Nuit pour mon oncle j’ai mon titre je suis content toi ton corps mort ton âme envolée et moi content j’ai mon titre je me dis toi ton corps presque détaché de ta tête BING et moi je pense j’ai mon titre Une Nuit pour mon oncle je pense j’ai trouvé mon titre je pense c’est un beau titre je pensais avec la nuit on ne triche pas c’est faux.
Une Nuit pour mon oncle, Benjamin Taïeb, pp. 13/14

Des Haut-Normands et débats

Suite à sa prestation très réussie à Sainte-Croix-sur-Buchy, Jérémie Lefebvre a été invité à s'exprimer à propos de son dernier roman, Le Collège de Buchy, le vendredi 4 décembre,à partir de 18 heures,à la médiathèque de Critot-Rocquemont.
Et, pour ceux qui ne pourraient venir l’écouter le vendredi soir, il a été programmé une séance de rattrapage à la Maison de la presse du centre commercial Super U de Serqueux toute la journée du lendemain, à partir de 10 h 30.

Le Strudel aux pommes pour une lecture gourmande au Pouliguen

L'association culturelle Le sel des mots invite le public à venir rencontrer l'écrivain A. Nebojša, auteur du livre Le strudel aux pommes (une nouvelle éditée par les éditionsLunatique), le mercredi 25 novembreau café « Lecture Gourmande », sur la promenade du port du Pouliguen.
Invitée dans le cadre du Prix littéraire annuel organisé par l'association, car sa nouvelle fait partie de la première sélection proposée avant l'attribution du Prix « Grain de sel », A. Nebojša sera questionnée par Eric Pessan.

« Le père a entrevu les premières violettes dans l’herbe du talus, tout en se gardant bien de les cueillir, ça porte malheur. »

Elle n’aura poussé qu’un miaulement contrit. Timide déjà, s’excusant presque. Et cependant bien décidée à vivre. Elle arrive avec quelques jours d’avance. Le printemps aussi. Le père a entrevu les premières violettes dans l’herbe du talus, tout en se gardant bien de les cueillir, ça porte malheur. Ce matin (mais il fait encore nuit à cette heure) il ne pleut pas et il fait doux, tandis que le vent, qui soufflait très fort la veille, vient brusquement de céder. On est le 20 mars 1918, dans une petite ferme de la Bretagne du sud. Pas vraiment le bout du monde, la pointe du Raz se trouve à moins de trois heures de route, et Quimper, la préfecture, à seulement une heure.
À quelque sept cents kilomètres de là, le vent de la guerre n’est pas près de tomber. Il y a quinze jours, la Russie bolchévique a signé avec l’Allemagne le traité de Brest-Litovsk, permettant aux Allemands de transférer d’importants renforts sur le front ouest, en France et en Belgique, de quoi leur faire espérer une vict…

« Le sens de la vie ? On le cherche encore... »

« J'avais bien apprécié Journal d'un fœtus. Je ne suis pas déçu par cet ouvrage. On retrouve sa langue très orale, dans une narration plus « personnelle », autofictionnelle ? La situation est simple : l'auteur (ou le narrateur) écrit une nuit sur son oncle, sa mort, donc sa vie d'avant. On ressent un profond attachement, un amour pour ce personnage qu'on aurait eu envie de rencontrer. Peut-être en avons nous croisé, d’ailleurs, sans le savoir, ce genre de personnage poussé à bout. Le suicide, l'incompréhension, la pression familiale, financière... tous ces ingrédients font une bouillabaisse absurde, bien difficile à digérer. Cette nuit d'écriture arrivera-t-elle à faire passer la pilule ? On s'y retrouve, se reconnaît, se transpose dans ce récit. La langue nous attrape sans nous lâcher. On finit par le lire à voix d'ailleurs. Ces longues phrases étirées sans ponctuation (sauf un point) m'ont rappelé Jean-Luc Lagarce avec sa récursivité et sa rhé…

Rencontre-débat autour du roman Le Collège de Buchy, de Jérémie Lefebvre

Rencontre-débat autour du roman Le Collège de Buchy, de Jérémie Lefebvre, samedi 14 novembre 2015.Événement proposé par Valérie Lucas, bibliothécaire, avec le soutien de Béatrice Drouin, maire de Sainte-Croix-sur-Buchy.
Site éditeur : ‪http://www.editions-lunatique.comSite auteur : ‪http://chezjeremie.free.fr

Stand up oraison

Marianne Desroziers: Salon l'Autre Livre 2015« Ce week-end à Paris (prévu depuis longtemps) devait être une fête, d'autant que nous y allions pour le Salon L'Autre Livre : William Mathieu y exposait ses portraits d'écrivains et j'y dédicaçais L'enfance crue sur le stand des éditions Lunatique. En raison des attentats du vendredi 13 novembre, le salon a fermé ses portes dès le samedi matin sur ordre de la mairie, nous privant de deux jours d'échanges artistiques et littéraires. » 
photos de Marianne Desroziers
« [..] Sympathique rencontre aussi, grâce à Pascale Goze qui nous a présentés, avec Franck et Angélique (ou plutôt Frangélik) et leurs Poids Plume, petits livres poétiques distribués lors du Printemps des Poètes. »Frank Schluk, Angélique Condominas, Marianne Desrosiers
« Ce salon m'aura également permis de découvrir Violences brèves de Gilles Ascaso, un très bon recueil de nouvelles paru chez Lunatique et dont je reparlerai bientôt sur mon blog Le pan…

La dévotion des femmes, la force de leur amour et la cruelle solitude déclinées au temps présent

« Avec une écriture limpide, simple et brûlante, l'auteur propose une relecture d'une folle histoire d'amour que tout le monde semble connaître, celle de Pénélope, la reine d'Ithaque, chaste, fière et fidèle, qui attend sans faiblir le retour d'Ulysse, son époux et son roi. Mais, Saturne est passée par là, et au moment des retrouvailles Pénélope vacille soudain. Son corps à offrir est celui d'une femme charnelle et mûre. Dans ce roman renversant, la dévotion des femmes, la force de leur amour et la cruelle solitude se déclinent au temps présent.Pas moins que lui, par Violaine Bérot, c'est une très belle découverte, grâce aux éditions Lunatique. »
Lecture et chronique d’Odile Lecouteux,pour Radio CultureS Dijon.La Minute Livre, 17 novembre 2015

Poétique, drôle, léger, dur, violent, élégant, admirable, émouvant, plaisant, mélancolique, séduisant, bath...

Très beau roman de Raymond Penblanc [...]. Je ne connais pas les proportions entre la fiction et la biographie de Jeanne, maman de Raymond, mais tout est tellement crédible qu'on a envie de croire à la réalité de cette histoire, entièrement. [...] Raymond Penblanc parle du poids des traditions, de la religion omniprésente dans le pays, culpabilisatrice : les enfants sont élevés et grandissent dans la peur du péché : « C'est péché, péché, péché. Le monde est bien trop vaste, bien trop compliqué, et elle est bien trop petite, incapable de rien comprendre. Une fille, un garçon, une fleur, un animal, chacun doit demeurer à sa place, à chacun son rôle comme à chacun son dû. » (p.29) Alors une petite fille qui regarde des garçons, tout à fait innocemment se pose des questions et craint les réponses. Le Diable est présent, autant que Dieu :« Alors ? Dieu, ou le Diable ? On l'avait oublié celui-là. Qu'il ne t'inspire pas surtout, qu'il ne te pousse pas à t'écarter …

L’écrivain qui dérange

Samedi à Sainte-Croix-sur-Buchy, rencontre avec Jérémie Lefebvre, l’écrivain qui dérangeLa liberté d’expression est toujours une conquête à défendre. Jérémie Lefebvre, écrivain et auteur-compositeur qui a grandi à Blainville-Crevon, en fait l’expérience avec Le Collège de Buchy , son troisième roman. Il y raconte à la première personne, le calvaire d’un collégien souffre-douleur. Le texte est noir, violent, parfois délirant, certes inspiré de son vécu de collégien, « mais c’est un roman », insiste l’auteur, âgé de 43 ans, qui fut effectivement scolarisé à Buchy.
Quelle aventure ce roman d’abord privé de dédicace à Buchy !Jérémie Lefebvre : « Je savais qu’en gardant le nom de Buchy je prenais un risque, mais je ne pensais pas qu’il susciterait pressions et menaces au point de devoir annuler une rencontre. J’ai été surpris par cette crispation et cette susceptibilité, d’autant plus qu’aucun personnage n’est reconnaissable. Effectivement, on peut me dire que la démarche est ambiguë, mais …

C7 auteurs qui seront là

In extremis, le tableau des dédicaces du stand C7 (Lunatique), à l'espace des Blancs-Manteaux, à compter de demain, vendredi, jusqu'à dimanche.



« c’est un cri que je lance un cri sourd un cri quand même »

Le procédé est peu ou prou le même que pour sa précédente publication, Journal d’un fœtus : une écriture très orale, expressive, comme saisie sur le vif ; et pourtant Benjamin Taïeb réussit le pari de se renouveler et de nous surprendre avec Une Nuit pour mon oncle.Une nuit, une nuit à écrire. Une nuit à hoqueter de chagrin, une nuit à bégayer de trop d’émotion. Les souvenirs se bousculent, s’emmêlent, les mots affluent, se répètent, s’entrechoquent : « je veux crier c’est un cri que je lance un cri sourd un cri quand même un cri étouffé ça reste un cri oui un cri de douleur pourquoi écrire je me demande ce besoin irascible irrépressible d’écrire ce besoin mégalomaniaque d’écrire pourquoi pour qui ? » Question universelle à tous ceux qui écrivent. Pas de réponse donnée ici, mais un flot tempétueux, impétueux, qui emporte le lecteur jusqu’au bout de la nuit.

Benjamin Taïeb sera en dédicace sur le stand C7 des éditions Lunatique, à l’espace des Blancs-Manteaux, à l’occasion deL’Autre SAL…

« un monde qui caracole au gré des phrases et fait danser les mots sur la lande bretonne »

C'est officiel depuis une semaine, le dernier roman de Raymond Penblanc est sorti. (Déjà une semaine, oui, et alors ? Vous n'avez jamais eu de galère informatique ? Les ordinateurs qui en ont marre d'être exploités, allant jusqu'à se rebeller en retenant en otage les dernières versions des documents et les licences logicielles, les nouveaux OS blagueurs qui changent la langue du clavier à l'ouverture de session et bloquent les mots de passe, et, et... On n'aurait pas fini d'énumérer la liste des petits soucis et gros tracas qui se sont acharnés sur nous ces derniers jours, cherchant à nous saper le moral. La bataille était perdue d'avance : Prête-moi ta plume est là, avec ses mots âpres et sensuels, tendres et ironiques, frémissant d'impatience à voir se soulever la belle couverture crème pour s'échapper enfin jusque dans notre imaginaire. 
Lire Raymond Penblanc, c’est plonger dans un monde à part, simple, dur et beau, un monde qui caracole au gr…

« En plus il a une tête de con. »

Si le roman de Jérémie LefebvreLe Collège de Buchysemblebeaucoupdéranger, il en est qu’il libère et soulage de souvenirs que les années n’auront pas effacés.

« Avertissement : ce message est écrit d’une traite, avec mes tripes. Il est forcément trop long pour les standards de la lecture 2.0, trop mal fagoté pour les puristes de la littérature classique, il faudra que je le reprenne. Je réclame votre indulgence, je n’en ai pas le temps aujourd’hui, et pourtant j’ai ressenti le besoin que « ça sorte ».Premier flashback. 2013, Collège Jeanne d’Arc, à Sceaux (Hauts de Seine) – puisque se pose la question de savoir s’il faut nommer, ou pas, ces lieux. Nommons-les, donc. Car peu importe que ça soit en Normandie, dans les années 80, ou bien aujourd’hui dans une des villes les plus huppées de la région parisienne. Où les parents en loden font la queue avec leurs 4x4 pour déposer leur progéniture en fringues de marque. Mon Buchy à moi, c’était dans les années 70, une banlieue « middle class »…

Lecture gourmande sucrée salée

Sélectionné pour le prix 2016 de la Nouvelle salée !, Le Strudel aux pommes d'A. Nebojša sera servi lors de la prochaine lecture gourmande concoctée par l'association Le Sel des Mots.A. Nebojša sera cuisinée par Eric Pessan.

La rencontre aura lieu le 25 novembre chez « Lecture Gourmande », 6 promenade du port au PouliguenEntrée gratuite. Les consommations sont à la charge de chacun.

L'association Le Sel des Motsœuvre à la promotion de la lecture et à la circulation des textes et idées. Elle soutient le travail des petites maisons d’édition.Des actions en faveur de la lecture sont menées tout au long de l’année, dans les écoles, de la maternelle au lycée, et jusque sur le sable grâce à Lecture à Nau Plage.L’association distribue des prix : Prix Grain de Sel, Fleur de Sel, Petit Grain de Sel, et à compter de l’an prochain le prix de la Nouvelle salée !Enfin, au printemps a lieu Nau Belles rencontres, le salon des petites maisons d’édition. Trois jours de rencontres exceptionne…

Un air de famille

Ce sont deux histoires de famille qui se lisent ce mois-ci, avec la parution de Prête-moi ta plume, de Raymond Penblanc, et Une Nuit pour mon oncle, de Benjamin Taïeb.
Le premier est un roman, le roman de Jeanne et Christophe, qui s'écrit entre les lignes de la grande Histoire ; le second est un court récit, hoquetant d'émotion à la mort d'un parent.
On vous laisse admirer les couvertures avant de vous en dire plus long sur le contenu.