88 pages, 10 €
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Je vais, fouillant dans les caniveaux, prenant place sur l’estrade, renforçant le feu ou les nerfs agités de l’eau. Qu’il ne leur reste qu’une seule issue pour me fermer la bouche, me couper la langue. Sac ficelé qu’on jette à la mer. Car certains attentats de longue haleine procèdent du renoncement.
Je ne colle pas aux heures pointées précises sans miracles. Alors j’ai rejoint le parti du rire. Malgré ses terreurs, cette vie me plaît. Je n’ai pas demandé à venir, et me moque un peu d’être d’ici, de là-bas ou d’ailleurs. Je voudrais ne plus avoir peur d’être suicidé au trottoir d’un flic, ou d’un obscène justicier raté.
Ma vie ne s’écoule pas mendiée, mais comment parler de choses anodines ? Viens, viens, viens, viens sentir par mes doigts combien il faut de cire pour se cacheter les oreilles. Viens, je t’en prie ! Glisse-toi dans ma peau. Viens vivre avec ce délit de faciès, ces crimes sans justice, ces lettres sans réponse.
pp. 46-47
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