Une vie de chien en live et en livre

Vie de chien, c'est d'abord un spectacle, écrit et interprété par Thierry Moral.
Le livre, illustré par Bertrand Arnould, paraîtra le 17 janvier 2017.
Le pitch
Suite à une détonation, un toutou a sa mémère bascule dans une autre vie : une vie de chien. Au fur et à mesure de ses errances et rencontres, il découvre un monde fait de multiples formes de violence.

L'argument
« À travers le regard décalé d'un chien perdu, je souhaite aborder différentes formes de violence : le terrorisme, la violence des laissés pour compte, la violence institutionnelle, les combats de chiens, la chasse,... », Thierry Moral.

L'origine du projet
« Je travaille sur la thématique de la violence (public adultes et adolescents) depuis de nombreuses années : Je mourrai pas gibier (G. Guéraud) et Happy End (B. Ferrier). N'ayant pas trouvé de texte édité adapté au propos que je souhaite défendre sur scène, je me suis commandé un propre texte : Syndrome S. Suite aux événements du 13 novembre 2015, le besoin d'écrire s'est imposé à moi, offrant un autre regard sur cette thématique : Vie de chien. », Thierry Moral.

Le style

« La forme d'écriture est la nouvelle, dans un style elliptique, factuel et introspectif. Le temps s'écoule entre chaque paragraphe qui décrit des actions précises ou des réflexions canines plus humaines qu'on ne pourrait l'imaginer. L'humour vient du regard cru et pragmatique de l’animal », Thierry Moral



L’espace de l’autre LIVRE (13, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris) accueillera les 27, 28 et 29 janvier prochains Thierry Moral et Bertrand Arnould pour un week-end de chien :
Spectacle
Atelier d'écriture
Rencontre
Table ronde
Exposition
Dédicaces
au programme de ces trois jours.
Renseignements ici.
Entrée libre (mais fermez la porte derrière vous, il fait froid en janvier !

Lumière de Bretagne


À la une de NordBretagne.fr, et diffusé aujourd’hui sur les ondes de Radio Nord Bretagne, le « nouveau roman du Breton Philippe Vourch, La Mort embrasse mal, nous plonge dans une histoire d'enfance, de copains et d'amour, une histoire pétrie de tendresse pour évoquer un sujet grave : la maladie et la mort. [...] Jamais larmoyant, Philippe Vourch nous relate ici une magnifique histoire dont il extrait une très belle lumière. Pleine d'espoir. »
Retrouvez la chronique complète
sur le site NordBretagne.fr
avec interview (audio) de l'auteur

Et si, pour fêter ça, on s’offrait une nouvel extrait de La Mort embrasse mal ?
« Regarde donc qui te rend visite, Jean. » La vieille se tient droite, mains sur les hanches. « Allons donc, un des p’tits ! Et tu t’es perdu, ou bien ? » Il se penche, en le ses bottes après avoir remonté ses
chaussettes. « Bonjour, m’sieur. » De nouveau me voilà bien emmerdé pour répondre. « C’est que... c’est que j’ai repensé à tout ça, et...
à tout ça? »
Le vieux décolle sa carcasse du banc. Cette fragilité, qui l’habitait il y a encore quelques secondes s’évanouit ; il semble maintenant un chêne robuste dont l’ombre se glisse jusqu’à mes pieds.
« Eh bien, tout ça... tout ce qu’on a fait, pour vous em- merd... vous embêter.
Je vous laisse entre hommes. »
La vieille disparaît dans la maison. J’ai l’impression d’être abandonné, jeté en pâture à un animal sauvage et terrible.
Le vieux extirpe un paquet de cigarettes de sa poche de poitrine, il en fait glisser une dans sa main et l’allume pour en inspirer une longue bou ée. Il me xe. Je vois ses yeux noirs et son grand nez percer le nuage de fumée qu’il vient de reje- ter. Je n’ai qu’une seule envie, partir en courant rejoindre mes potes et oublier mon initiative et ce moment qui en découle.
Je suis sûr qu’ils sont dans une bagnole à mater les seins de Framboise.
pp. 71/72

La ville des gens qui lisent

« La librairie FMR se tient deux fois par an, au printemps et en hiver, à la Halle Saint Pierre (75018). Outre la production de plus de soixante éditeurs peu présents en librairie, elle propose également des expositions et des événements.

Les éternels FMR proposent, le temps des fêtes, du 5 décembre au 2 janvier, un échantillon de la production de 65 éditeurs alternatifs, pas ou peu visibles en librairie. Des livres rares et précieux, tous conçus dans une démarche artisanale et se singularisant par leurs texte et par leur forme. »

Retrouvez l’article original sur le site

« La place est libre ? »

Samedi, orchestrée par l’association Identités plurielles, se déroulait à Saint-Malo une rencontre professionnelle réunissant plusieurs couples éditeurs/auteurs (fièrement) bretons. Le but de l’association est « de développer les échanges entre peuples et cultures à travers la littérature et dans le respect des identités de chacun. Identités plurielles organise à Saint-Malo chaque année des rencontres littéraires ». Ceci expliquant cela, Lunatique a retrouvé là-bas Philippe Vourch, pour décréter en choeur et d’une seule voix timide : non, La Mort embrasse mal n’est pas une histoire de mort, mais une histoire d’amour (ah, mais !), et une belle (qui plus est).

Jeff Jourdin, Mireille Lacourt (La Part commune), 
Christian Ryo, 
Briac, Elise Bathany (Sixto éditions)

Le débat était suivi d’une séance de dédicace à La Droguerie de Marine, fief de Loïc Josse.

Philippe était entouré dOlivier Polard et de Jeff Jourdin.
À défaut du récit de la fin de soirée, nous vous proposons un nouvel extrait de La Mort embrasse mal :
La fille du car se tient à ma droite, sans bruit, sourire aux lèvres. Je ne l’ai pas vue arriver. Je renfile mon costume de spationaute.
« C’est libre ? me demande-t-elle.
– Hein?
La place est libre ?
Libre ? »
Son sourire s’amoindrit, tandis que ses sourcils se froncent en formant un w. Je trouve ça rigolo et adorable.
« Je peux m’asseoir à côté de toi ?
Oh, oui, bien sûr. »
Elle s’installe, ouvre son cartable, en sort une trousse et un cahier. Étonnamment, je trouve que ça lui va bien un cartable.
Ses yeux noirs plongent dans les miens, tandis que la grosse femme qui nous a guidés jusqu’ici entre à son tour et prend place au bureau.
« Salut, je m’appelle Lilly. »
Ses mots sont susurrés et accompagnés d’un parfum de chewing-gum à la fraise.
« Ouais, je sais, je l’ai entendu durant l’appel. »
Elle marque un temps de pause durant lequel le w réapparaît sur son front.
« Oh, et tu as retenu le prénom des autres filles, aussi ? »
p. 43

« On pourrait aller emmerder le vieux ? »

Samedi après-midi, Philippe Vourch dédicacera son tout nouveau (et tout beau) roman

Rendez-vous donc vers 17 heures à la Droguerie de Marine
66, rue Georges-Clémenceau
Saint-Servan-sur-Mer, 35400 Saint-Malo
pour faire la connaissance de Quentin, Lilly, le vieux, les potes et Philippe, bien sûr !

Un avant-goût de ce qui vous attend ?
Anton, Yan, Alban, et moi, Quentin, sommes allongés au sommet du talus qui borde la voie ferrée, coude à coude, impassibles au milieu des hautes herbes qui nous dissimulent. Nous guettons, sans un bruit. C’est la dernière semaine des grandes vacances. On est tous réunis, quatre copains d’école, du même quartier depuis qu’on est tout gosses. Dans quelques jours aura lieu la rentrée, au collège, et on sait déjà qu’on sera séparés. On se retrouvera durant les récrés mais, même si on a juré promis craché que rien ne nous éloignerait, je suis inquiet. Après délibération, nous avons décidé de finir ces vacances en beauté, de faire une dernière action commune, une action forte et inédite. « On pourrait aller emmerder le vieux ? », avait proposé Anton. Il n’y avait rien d’inédit dans sa proposition, mais personne n’en avait d’autre.
p. 8