Une juste causerie

Tout nouveau, tout beau, le site Internet de Violaine Bérot : 

À mettre dans les signets pour suivre son actualité ou y revenir à loisir picorer des articles sur des livres aimés, y écouter des entretiens radiophoniques, fureter dans les liens donnés (oh ! Lunatique ! Oh ! le blog de Marlene Tissot ! Et d'autres à découvrir).

Invitée de l'association Lecture En Tête, Violaine Bérot est venue retrouver ses lecteurs de Mayenne et d'ailleurs :

Pas sage, Perrine ?



Proposée depuis 2012, l’expérience immersive de Passage Pas/Sage a rassemblé 1500 personnes lors de sa première édition et 2500 personnes les années suivantes.
Fortes de ce succès, la galerie christian berst art brut (spécialisée en art brut) et la galerie Sator (spécialisée en art contemporain) ont associé en 2015 les deux nouveaux occupants du passage, under construction gallery et l'agence de création et de design Paper ! Tiger !
Cette année 2016, passage passage traverse la rue jusqu'au 13 rue Chapon pour rejoindre les galeries Papillon et Isabelle Gounod.
Chacune de ces galeries défend une ligne artistique contemporaine et internationale engagée. De leur fusion naîtra un espace d’exploration artistique unique où dialogueront art brut et art contemporain au travers notamment de leurs vernissages respectifs.
L’expérience proposée est une immersion totale dans l’art contemporain. Jalonnée de performances, cette journée inédite mise avant tout sur une interactivité constante avec son public.
Tous les sens sont également en éveil grâce aux libations proposées par les partenaires.



Le samedi 3 septembre
aux environs de 20 heures
la comédienne Gersende Michel 
lira des extraits de L'Apparition


Résidence de joie

D'octobre 2016 à mai 2017, Marlene Tissot sera en résidence d'écriture en Mayenne. Pas tout le temps, mais souvent :
- du 6 au 19 octobre 2016
- du 28 novembre au 11 décembre 2016
- du 23 janvier au 5 février 2017
- du 6 au 26 mars 2017
- du 24 avril au 14 mai 2017


« La résidence d’écriture en Mayenne sera pour moi l’occasion de mener à son terme la rédaction d’un roman dont la première pierre a été posée en 2012. A peine quelques pages, une idée. Un titre, « Les voix ». Le projet est resté flou longtemps, suffisamment longtemps pour en devenir entêtant et pour que les personnages principaux prennent pleinement vie dans mon esprit. Je suis revenue plusieurs fois sur la trame, en changeant la forme sans parvenir à en trouver une satisfaisante. C’est aujourd’hui chose faite ou presque. Reste un long travail d’écriture, une immersion que le temps de résidence m’offrira. Quelques recherches à approfondir aussi concernant les troubles de la personnalité puisque la thématique de ce roman tournera autour des séquelles et de la reconstruction, à l’âge adulte, de personnes ayant subi des traumatismes durant l’enfance. »
Née en 1971, Marlene Tissot est poétesse et romancière. Elle a publié neuf recueils de poésies dont Sous les fleurs de la tapisserie (Le Citron gare, 2013), Prix Copo 2015, Histoires (presque) vraies (Le Pédalo Ivre, 2015), Lame de fond (La Boucherie Littéraire, 2016), et une nouvelle, Le Poids du monde (Lunatique, 2014).
En 2012,
Marlene Tissot publie un premier roman, 
Mailles à l’envers (Lunatique), un récit haletant sur l'enfance et l'adolescence blessées, d’une écriture féroce, d'une verve aussi brutale que poétique, qui rend le roman vivant et réaliste. Ce roman est sélectionné au Festival du Premier Roman de Laval 2013.


Marlene Tissot participe régulièrement à des revues littéraires underground, des ouvrages collectifs et des soirées de lecture/performance. Elle crée en 2010 une collection de fanzines mêlant au texte photographie ou autre média graphique.
« Œuvre en lambeaux et qui se disperse, depuis une dizaine d’années, en une multitude de textes autonomes parus dans des revues alternatives et fanzines, sous forme de mini-livres, de plaquettes microéditées, de recueils de poèmes, et d’un premier roman remarqué, son écriture s’approche d’une performance sans fin qui cherche à débusquer une poésie simple dans le matériau autobiographique et la quotidienneté. » 
http://lesgensquiecrivent.tumblr.com


Création, animations et ateliers
La résidence d’écriture en Mayenne offre à l’écrivain invité un espace de travail favorable à la création et à l’écriture d’un prochain roman, et aux Mayennais des temps de rencontres avec l’écrivain.
  • Causeries littéraires et séances dédicaces
dimanche 29 janvier à 16 h à la bibliothèque Albert Legendre à Laval
samedi 4 février à 10 h 30 à la médiathèque de Gorron
samedi 11 mars à 10 h à la médiathèque de Port Brillet
samedi 18 mars à 10 h 30 à la médiathèque de Craon
  • Lecture musicale
lecture de textes inédits de Marlène Tissot, Life is a Beatles song, accompagnée par un guitariste
jeudi 13 octobre à 20 h 30 aux cafés Etienne (Médiapole) à Laval dans le cadre de l’ouverture de saison de Lecture en Tête
  • Atelier d’écriture « La nouvelle »
à la médiathèque de Craon : 3 séances : 14 octobre, 2 et 9 décembre, de 15 h à 17 h
renseignements et inscription au 02 43 06 07 25
  • Atelier : création d’un fanzine
réseau lecture publique du pays de Loiron : 5 séances : 5 décembre, 23 et 30 janvier, 13 et 20 mars, de 20 h à 22 h
renseignements et inscription au 02 43 10 25 79 
  • Atelier d’écriture « Lettre à… »
à la bibliothèque Albert Legendre à Laval : 3 séances : 8, 15 et 22 mars, de 20 h à 22 h
renseignements et inscription au 02 43 49 47 48
  • Rencontres thématiques
« Les classiques de l’enfance relus avec un regard adulte », le samedi 8 octobre à 10 h à la médiathèque de Fougerolles du Plessis
« Les livres et le rock’n’roll », le dimanche 9 octobre à 16 h à la bibliothèque Albert Legendre à Laval et le vendredi 10 mars à 20 h à la médiathèque de Montaudin


Sept à lire



La halle Saint-Pierre accueille Les Éternels FMR du 3 au 13 juin.


Outre la production de plus de soixante éditeurs peu présents en librairie,

le festival propose également une

exposition autour du travail de Xérographes éditions :
  • Gravures de Tereza Lochmannova
  • Exposition des œuvres de la revue Xero (et notamment du nouveau numéro)
  • Exposition autour du livre de mode Mix & Chic Barbès- Château rouge
du 3 au 13 juin 2016
Halle Saint Pierre – Galerie (entrée libre)

Alors, allez donc y jeter un cil !

Vue sur la cour


Vue sur la cour est un spectacle de
Frank Schulk et Angélique Condominas
où l'on peut entendre des textes issus de L'Embarquée, mis en chansons.

Pour vous mettre dans l'ambiance, avant le 17 juin


Niouz'letter de Frangélik
Vue sur la cour, notre dernière création Frangélik, concert de chanson poétique, sortira de résidence le 17 juin à 20h30 à l'Atelier de la Motte Aubert, à Saint-Saturnin du Bois. On serait ravis de votre venue ! Réservations conseillées par téléphone au 05 46 01 60 55. Billetterie sur place : 10€ et 8€ en tarif réduit. 

Frank à la guitare, Angélique aux percussions, tous les deux au chant, Frangélik est depuis 2007 un duo complice qui mêle textes, voix et musique pour tisser un univers poétique, intimiste et voyageant. 
L’intention de « Vue sur la cour » naît en 2012, de l’envie de parler ou de faire parler des gens, avec une entrée poétique. Ecrire des paroles en regardant des situations concrètes, cueillies dans la vie de tous les jours, comme à travers une fenêtre avec « vue sur la cour ». Et les mettre en musique avec des couleurs du monde, ramassées d’un bord à l’autre de la Méditerranée, en passant par le Brésil.

Le spectacle se tisse dans l’Atelier de la Motte Aubert, avec le concours artistique précieux de Dimitri SUMA, Jérémy LÉAUMENT et Julien DELIME. Avec le regard et les conseils bienveillants de quelques bonnes fées également. Il naîtra à la scène le 17 juin à 20h30.


PRESSE 
« Poésie chantée, chanson parlée, textes drôles, poignants, légers ou graves, musique acoustique, poème… un subtil mélange qui ne laisse pas indifférent, tant l’instrumentation et la voix emmènent dans l’univers du songe. Fantaisiste et délicieux.»  Pariscope, à propos de « Mots Nomades », le précédent spectacle de Frangélik

La douleur infligée aveuglément aux plus jeunes, et ce qui s’ensuit

Six nouvelles féroces et magnifiques : la douleur infligée aveuglément aux plus jeunes, et ce qui s’ensuit.

Publié en 2015 aux éditions Lunatique, ce recueil de nouvelles de Perrine Le Querrec offre un nouvel aperçu du saisissant talent de l’auteure des romans Le plancherLe prénom a été modifié et L’Apparition, art d’une écriture originale, concise, violente et poétique que laissaient également bien plus qu’apercevoir les poèmes de La Patagonie.

Dédiées à Henry Darger, intitulées Putain de ma mèreFourmilière, Foyer, La Vierge, This is the end et La tournée, ces six brûlots parlent en une terrifiante beauté du mal que les adultes et les plus âgés infligent aux enfants et aux jeunes – sans vraiment le vouloir, par égoïsme plus que par calcul, par ignorance, par fatigue ou par conformisme, le plus souvent – et aussi, peut-être surtout, de la manière dont les victimes répliquent, avec leurs pauvres, dérisoires et tragiques moyens.

« Dépêche-toi ! On y va ! »

Porte claquée, elle cavale en tirant sur mon bras, marche trop vite. J’ai des collants gris perle, une mini-jupe, un manteau de fourrure dans lequel je ne peux pas faire un mouvement, une toque de fourrure, du rouge sur les lèvres, des paillettes sur les yeux. J’ai rien demandé de tout ça. Je veux rien de tout ça. Je voudrais un jean un tee-shirt un vieux pull. Je voudrais avoir les cheveux courts, ne pas me laver, sentir mauvais. Je voudrais un blouson de garçon. Je voudrais être un garçon ou un fantôme ou orpheline ou rien. Je voudrais être rien du tout.

On arrive dans une rue pleine de boutiques, elle se sent mieux ma mère, elle commence à respirer.

« Mais quelle tête tu as. Redresse ton menton, ne me fais pas honte, c’est pour toi quand même qu’on est là ! »

Pas pour moi pour toi pour toi pour toi. Je suis ta vitrine, je meurs de ta honte, je meurs de honte. (Putain de ma mère)

Elles évoquent aussi, entrechoquant les mots simples et magnifiquement mal affûtés, les tempêtes solaires monstrueuses qui couvent sous ces cheveux blonds ou bruns, les terribles solitudes qui se déroulent inexorablement, les saluts qui se refusent – alors qu’un mot ou un geste esquissé suffiraient peut-être à éviter les destins qui se nouent ici, en quelques pages.

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Photo : Isabelle Vaillant (l’artiste à qui l’on doit aussi la couverture de ces Têtes blondes). Son blog

J’ai 6 ans, je n’ai pas le droit d’entrer : « Ils doivent rester seuls », seuls aussi dans la chambre de mon frère, où j’avais le droit de pénétrer avant, où il me guidait et me rassurait, car sa chambre est noire, du sol au plafond, car dans son grand aquarium les gros poissons dévorent les petits, car il y a des livres que Maman déchire lorsqu’elle les trouve, elle les déchire en hurlant, et puis ils partent dans le vide-ordures.
Mes grandes oreilles captent des rires et des murmures dans la cuisine, les meringues nécessitent des rires et des murmures, elles captent aussi la colère de maman, l’eau qui noie papa, le prochain réveil de ma sœur colocataire. Mais rien ne vient de la chambre de ma grande sœur. Pourtant d’habitude, c’est de là que se diffusent les sons et les mots qui rassurent, qui apaisent, même si depuis quelque temps je ne comprends pas pourquoi elle est si pressée de partir de la maison, pourquoi ses baisers me vrillent le cœur comme si c’étaient des baisers d’adieu, pourquoi Papa et Maman se battent sans cesse avec elle. Quand elle n’est pas là, quand elle a dormi à l’extérieur, elle m’écrit un petit mot, elle signe l’Aigle Vengeur, et ses mots sont ma vérité, je les recopie dans mon cahier et ils me tiennent compagnie jusqu’à ce qu’elle revienne. (Fourmilière)


La lectrice ou le lecteur seront certainement saisis comme moi par cette puissance d’évocation, par ce langage ramassé et insidieux, et par la portée dévastatrice des coups que portent les chutes de ces nouvelles, lorsque le potentiel assemblé en quelques pages dévale tout à coup la pente, à très vive allure, jusqu’au choc final. Mêlant le plus féroce niché au cœur de l’intime à ce que les névroses du monde peuvent déclencher de plus violent, PerrineLe Querrec déroule une langue à l’apparence évidente qui se révèle à chaque ligne pleine de pièges et de fils de fer tordus, barbelés. Un recueil essentiel à beaucoup d’égards.
Elle a terminé son gilet hier lors du cours « Tricot / Couture ». Elle se félicite de savoir à présent habiller sa famille avec des rebuts, des fibres naturelles, papier, carton, fil, laine : elle sait tout faire. Parce qu’il n’y aura plus aucun magasin, plus rien à acheter, tout sera dévalisé, détruit, vandalisé, pillé. Parce qu’il y aura des nuages de cendre, des températures constamment inférieures à 0 degré. Ou constamment supérieures à 40. Elle doit être prête. Comment savoir ? Organisation, anticipation, s’attendre au pire. (This is the end)

Cathy Garcia en dit quelques jolis mots dans Traversées, ici.
Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.



Grosses tranches de lire

Samedi dernier, Jérémie Lefebvre était invité à la médiathèque d'Arcueil pour rencontrer ses lecteurs.
Débat et lecture au programme de cette matinée littéraire. Pour les lève-tard, session de rattrapage en replay.