«  Que peut-on raconter en 25 pages ? On peut raconter la misère d'un homme. »

 


Je termine cette nouvelle écrite par Marlène Tissot le coeur gros.
25 pages d'un court récit, terrible et saisissant.
Que peut-on raconter en 25 pages ?
On peut raconter la misère d'un homme.
Un homme qui aime profondément sa famille. 
Ses deux enfants et sa femme Lili, à qui il voudrait offrir une vie digne et noble.
Lili, c'est Cendrillon mais sans son prince, celle qui se contente de la joie de vivre là où il ne fait face qu'à sa déchéance.
Mais qu'est-ce qu'une vie noble ?
N'est-ce pas noble de se battre chaque jour pour trouver un travail, d'essuyer de nombreux refus tout en essayant de garder confiance en soi?
Et pourtant personne n'entend ses appels au secours. 
Car la vérité ne plaît pas au monde. On préfère toujours fermer les yeux devant la misère plutôt que de s'y confronter.
Je ne sais pas pourquoi ce récit m'a autant touchée. Je l'ai terminé avec une boule dans la gorge.
Peut-être parce que j'étais chargée de recrutement en intérim et que je devais être celle qui annonçait un refus de candidature. Mais combien de personnes devant moi étaient désespérées ?
Un sujet d'autant plus d'actualité, qui ne peut pas laisser insensible, des phrases coups de poing, des sentiments à fleur de peau.
Un récit puissant. Lucide. Dur. Mais tellement vrai.
Je vous laisse admirer la beauté des mots à travers les quelques extraits ci-dessous :
"Je serai devenu un assassin. C'est pas pire qu'être un pauvre type au chômage. Les assassins, on les admire parfois. On en fait des films et des livres. Dans les histoires, les types comme moi, il n'y en a pas."
"Un type qui foire, un type qui doit probablement souffrir de vertige tellement il a toujours été incapable de gravir le moindre échelon social. Oh, c'est pas que j'aurais vraiment voulu aller très haut. Je sais bien qu'au sommet la merde à la même odeur qu'ici. Mais j'aurais bien aimé atteindre le palier de la respectabilité."
"Elle dit que, quand je suis comme ça, j'ai l'air d'avoir le poids du monde sur les épaules. Il pèse combien, le monde ? »

Chronique prélevée sur le site Babelio

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