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Affichage des articles du décembre, 2011

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L’axolotl de Julio Cortázar version gogo danseur

L’axolotl de Julio CortázarSa collègue est si fière de coucher avec un playboy, ex-gogo danseur – « Je me dis que si un beau mec sort avec moi, c’est parce que je dois être belle, moi aussi. » –, que Fanny la laisse dire.De toute façon, elle serait insincère en approuvant. Elle n’est guère sensible au manque d’expressivité du bonhomme qui lui fait immanquablement penser à l’axolotl de Julio Cortázar. Voilà ! Tout est dit ! Fanny ne lui accorde pas plus de conscience qu’à un poisson rouge et, malgré toute la fantaisie qu’on lui reconnaît volontiers, il ne lui est jamais venu à l’esprit de chercher à dialoguer avec un triton, et donc de parler avec lui – ergo !

Rideau !

JobardiseNath ne le connait pas et déjà il l’énerve. Décidément, elle ne l’aime pas. Valérie le lui présente : « Christian », et plaque ses cheveux en arrière, lui dégageant son front. Visage à nu, il ne bronche pas, se laisse faire et sourit. La cigarette au coin de sa bouche trop fine, il croit de bon ton d’ajouter : « Nous sommes très copains, Valérie et moi, mais il n’y a jamais rien eu entre nous. On a pu partir en vacances ensemble, à moto, sans que rien ne se passe. »Nath lui renvoie son sourire, humectant le sien de condescendance : « Tes parents n’ont pas trop mal pris que tu découpes les rideaux du salon pour t’en faire une chemise ? »Il ricane niaisement – mais pouvait-il ricaner autrement que niaisement ?

Tu me dis si t’aimes pas, hein ?

De la docilitéElle ne compte plus les victoires quotidiennes sur elle-même, elle ne les fait même plus remarquer par crainte de passer pour une originale, pour une folle.Et pourtant… il lui faut beaucoup de volonté pour ne pas fuir les regards, éluder les questions qui n’ont rien d’extraordinaire, commandées par l’esprit pratique : « On fait quoi, aujourd’hui ? Tu me dis quand t’as faim ? Où veux- tu aller ? Qu’est-ce que tu veux manger ? Tu me dis si t’aimes pas, hein ? »Non seulement elle ne peut pas répondre, paralysée par la crainte autant viscérale qu’irraisonnée de faire peser ses avis sur la vie des autres – ne pas laisser de marque, surtout ne pas laisser de trace –, mais c’est qu’en plus elle n’a pas d’avis sur les questions soumises. Pas d’avis, pas d’envie. Parce qu’elle se satisfait de tout. Elle suit le mouvement, s’intègre et se désintègre pour devenir invisible, inexistante dans la vie des autres, s’adaptant constamment.Elle n’a peut-être goût à rien, parce que tout lui…

Ça parle du 7 février 1497

EntropieUne femme d’entre deux âges, plongée dans un épais roman au titre un peu pompeux Au temps où la Joconde parlait, est assise en face de Louison dont, à peine a-t-elle déchiffré ces mots, l’esprit vagabond s’évade de l’enfer confiné du compartiment. Rien ne le laisse deviner, ses yeux restant fixés sur la couverture du livre de poche. Louison sent qu’elle sourit, et ce qui pouvait encore passer inaperçu quelques instants plus tôt se transforme en véritable image de la jovialité.Elle sait qu’elle va faire une bêtise – elle a l’âme potache ! Elle se penche vers la femme, toujours absorbée dans sa lecture, accroche son regard et, de sa voix atonale et rauque, lui demande :